Échecs règles · principes · tactiques · ouvertures · finales

Les finales élémentaires aux échecs

Savoir mater avec une tour vaut plus que connaître dix ouvertures : c'est ce qui transforme une partie gagnée en victoire.

L'escalier : mater avec deux tours

Le mat le plus simple de tous. Aucun calcul, juste une méthode.

Les deux tours travaillent en alternance : l'une donne échec, le roi recule d'une rangée, l'autre donne échec sur la rangée suivante, et ainsi de suite jusqu'au bord. Le roi blanc n'a même pas besoin de participer. C'est le premier mat à savoir exécuter sans réfléchir.

La séquence : Ta4+ Re5 Tb5+ Re6 Ta6+ Re7 Tb7+ Re8 Ta8#

Si le roi adverse s'approche d'une de vos tours, envoyez cette tour à l'autre bout de sa rangée — elle continue son travail hors de portée.

Mater avec le roi et la dame

Le mat le plus fréquent après une promotion. Attention au pat.

La dame seule ne mate pas : il faut le roi. La méthode tient en trois temps, et la séquence les montre exactement. D'abord la dame resserre la cage (Db3, Db4, Db5) sans jamais donner d'échec inutile : le roi noir se retrouve confiné sur deux cases. Ensuite — et c'est l'étape que tout le monde oublie — le roi blanc traverse tranquillement l'échiquier pour venir couvrir les cases de fuite. Le mat ne tombe qu'à ce moment-là.

La séquence : Db3 Ra6 Db4 Ra7 Db5 Ra8 Rb2 Ra7 Ra3 Ra8 Ra4 Ra7 Ra5 Ra8 Rb6 Rb8 De8#

Le danger n'est pas de rater le mat, c'est le PAT : tant que votre roi n'est pas arrivé, laissez toujours une case libre au roi adverse. Si vous ne voyez pas quoi jouer, avancez votre roi.

Mater avec le roi et la tour

La position finale à reconnaître — le reste est une question de méthode.

Une tour ne mate jamais seule : il faut que le roi adverse soit collé au bord et que votre propre roi lui interdise les trois cases de fuite. C'est exactement cette position, appelée l'opposition : les deux rois se font face avec une case entre eux, et la tour donne l'échec fatal sur la dernière rangée.

La séquence : Ta8#

Pour y arriver : utilisez la tour comme un mur qui coupe le roi adverse d'une moitié de l'échiquier, avancez votre roi, et resserrez le mur d'une rangée à chaque fois que le roi adverse recule.

La règle du carré

Ce roi peut-il rattraper le pion ? Une seule seconde suffit à le savoir.

Inutile de calculer coup par coup. Tracez mentalement le carré dont un côté va du pion à sa case de promotion : ici le pion est en a2 et vise a8, le carré occupe donc les colonnes a à f. Si le roi adverse est dans ce carré (ou peut y entrer au trait), il rattrape le pion ; sinon, le pion passe. Le roi est en g4, hors du carré : c'est perdu pour lui.

La séquence : a4 Rf5 a5 Re6 a6 Rd7 a7 Rc7 a8=D

Le carré se recalcule à chaque poussée du pion — et attention, un pion sur sa case de départ avance de deux cases : comptez le carré depuis la case où il arrivera.

L'opposition

La notion qui décide toutes les finales de pions.

Les deux rois se font face, séparés par une seule case, et c'est aux blancs de jouer : ils ont donc « l'opposition » contre eux. Celui qui doit bouger doit céder du terrain — c'est toute la subtilité de ces finales, où avoir le trait est un désavantage. Retenez la règle pratique : dans une finale roi et pion contre roi, faites avancer votre ROI devant votre pion, jamais le pion en premier.

Ici, pousser tout de suite le pion (1.d4 ?) donne l'opposition aux noirs et la partie est nulle. Il faut d'abord manœuvrer avec le roi pour reprendre l'opposition.

La tour derrière le pion passé

Où placer sa tour quand un pion passé court vers la promotion.

La règle de Tarrasch : une tour doit toujours se placer DERRIÈRE le pion passé — le sien comme celui de l'adversaire. Derrière son propre pion, elle le pousse et gagne en liberté à mesure qu'il avance. Derrière le pion adverse, elle le bloque et devient de plus en plus active quand il avance. Une tour placée devant un pion est condamnée à ne rien faire.

C'est l'une des rares règles d'échecs qui se vérifie presque toujours. En cas de doute dans une finale de tours : la tour va derrière le pion.